Il s'agit d'une journée pleine, proposée par l'Institut Agile, le Chapitre France-Atlantic du PMI et l'Université de Caen, qui se tiendra le 22 mars 2012 à Caen. Vous pouvez télécharger la plaquette ou vous inscrire sur le site du Chapitre.
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Prochain Rendez-Vous de l'Institut: le 22 mars à Caen
L'Institut sort de Paris pour son prochain Rendez-Vous:"Vous avez dit Management Agile ?"
Quarante ans de crise
Connaissez-vous l'expression "crise du logiciel"? Peut-être connaissez-vous un peu mieux une de ses manifestations, la célèbre illustration du "Projet Balançoire". Tellement célèbre qu'elle a depuis quelque temps son propre site web 2.0, normalement elle se passe de commentaires...
Le terme "crise du logiciel" est contemporain d'une autre expression certainement plus familière, "Génie Logiciel", formulée en 1968 lors d'une conférence organisée sous les auspices de l'OTAN. La seconde fut proposée comme solution de la première.
La Crise se manifestait par divers aspects. Les projets de développement dépassaient les délais et budgets impartis, les logiciels produits étaient de mauvaise qualité et leurs performances insuffisantes, ils ne répondaient pas aux exigences exprimées, ils étaient difficiles à faire évoluer.
Il y eut non pas une mais deux conférences de l'OTAN sur le Génie Logiciel, à un an d'intervalle. Que se passa-t-il durant ces douze mois? Presque en filigrane du discours officiel, on devine un événement d'importance.
En 1968, la première conférence semble poser une question. "L'approche de l'ingénieur est-elle appropriée pour aborder le développement de logiciels?" Environ cinquante experts venus de onze pays sont présents. Parmi les participants on compte des sommités comme Edsger Dijkstra (connu pour sa campagne contre le "goto" et en faveur de la programmation structurée), Alan Perlis (créateur d'Algol et auteur de proverbes qui sont au logiciel ce qu'une certaine tradition japonaise est au jeu de Go) ou Peter Naur (co-crédité de l'invention de la notation BNF pour décrire les langages de programmation).
Les actes des deux conférences disponibles sur le Web, dans une version PDF d'une qualité remarquable alors que la plupart des documents de cette époque sont en général simplement scannés, donc non indexés ni "cherchables", méritent d'être lus avec attention; j'avoue ne les avoir que trop rapidement parcourus jusqu'à présent, en tout cas pas avec la minutie qu'un historien leur accorderait. On y trouve par exemple ce conseil de Peter Naur qui recommande de s'intéresser aux idées d'un jeune architecte, Christopher Alexander. Le même Alexander qui sera redécouvert vingt anx plus tard par un certain Kent Beck, donnant naissance au mouvement des Design Patterns. Structurés d'une façon très systématique, ils couvrent la quasi-totalité des préoccupations encore d'actualité aujourd'hui quant à la façon de mener des projets dans le domaine du logiciel.
Ces documents sont éloquents quant au degré de controverse que suscite la question du génie logiciel. Voici une citation d'un participant: "La chose la plus dangereuse dans le domaine du logiciel est l'idée, apparemment presque universelle, que vous allez spécifier ce qu'il y a à réaliser, puis le réaliser. Voilà d'où viennent la plupart de nos ennuis. On appelle réussis les projets qui sont conformes à leurs spécifications. Mais ces spécifications s'appuient sur l'ignorance dans laquelle étaient les concepteurs avant de démarrer le boulot!"
Les titres de la conférence de 1968 reflètent un certain degré d'incertitude: "Réflexions sur le séquencement de l'écriture d'un logiciel", "Vers une méthodologie de la conception", "Quelques réflexions sur la production de systèmes de grande taille". Certes la plupart des participants utilisent l'expression "Génie Logiciel" comme si elle allait de soi, et des lacunes sont déjà apparentes (on parle notamment assez peu du facteur humain), mais on peut deviner une véritable controverse sur les grandes lignes de ce qui préoccupera cette discipline.
En 1969 les titres des articles proposés ont gagné en assurance. "Critères pour un langage de description de systèmes", "La conception de systèmes très fiables en exploitation continue", etc. Mais c'est surtout en lisant entre les lignes qu'on décèle un changement, et notamment en lisant "The Writing of the NATO reports" de Brian Randell, une sorte de "making of" datant de 1996. Une drôle d'ambiance règne apparemment à la conférence de 1969, mais on ne peut que la deviner dans la description à demi-mot qu'en fait Randell:
L'acte de naissance définitif du Génie Logiciel ayant ainsi été associé à un acte de censure, Randell ajoute qu'il s'interdit pendant la décennie qui suivit d'utiliser le terme, le jugeant injustifié. Il n'acceptera de revenir sur cette décision que pour une conférence marquant en 1979 le dixième anniversaire de Rome, où il profita de l'occasion pour adresser à Barry Boehm, alors la "nouvelle star" de la discipline, une série de piques, que Boehm "ignora soigneusement, je suis navré de le rapporter, à moins qu'il n'ait pas été en mesure de les reconnaitre comme telles".
Le terme "crise du logiciel" est contemporain d'une autre expression certainement plus familière, "Génie Logiciel", formulée en 1968 lors d'une conférence organisée sous les auspices de l'OTAN. La seconde fut proposée comme solution de la première.
La Crise se manifestait par divers aspects. Les projets de développement dépassaient les délais et budgets impartis, les logiciels produits étaient de mauvaise qualité et leurs performances insuffisantes, ils ne répondaient pas aux exigences exprimées, ils étaient difficiles à faire évoluer.
Il y eut non pas une mais deux conférences de l'OTAN sur le Génie Logiciel, à un an d'intervalle. Que se passa-t-il durant ces douze mois? Presque en filigrane du discours officiel, on devine un événement d'importance.
En 1968, la première conférence semble poser une question. "L'approche de l'ingénieur est-elle appropriée pour aborder le développement de logiciels?" Environ cinquante experts venus de onze pays sont présents. Parmi les participants on compte des sommités comme Edsger Dijkstra (connu pour sa campagne contre le "goto" et en faveur de la programmation structurée), Alan Perlis (créateur d'Algol et auteur de proverbes qui sont au logiciel ce qu'une certaine tradition japonaise est au jeu de Go) ou Peter Naur (co-crédité de l'invention de la notation BNF pour décrire les langages de programmation).
Les actes des deux conférences disponibles sur le Web, dans une version PDF d'une qualité remarquable alors que la plupart des documents de cette époque sont en général simplement scannés, donc non indexés ni "cherchables", méritent d'être lus avec attention; j'avoue ne les avoir que trop rapidement parcourus jusqu'à présent, en tout cas pas avec la minutie qu'un historien leur accorderait. On y trouve par exemple ce conseil de Peter Naur qui recommande de s'intéresser aux idées d'un jeune architecte, Christopher Alexander. Le même Alexander qui sera redécouvert vingt anx plus tard par un certain Kent Beck, donnant naissance au mouvement des Design Patterns. Structurés d'une façon très systématique, ils couvrent la quasi-totalité des préoccupations encore d'actualité aujourd'hui quant à la façon de mener des projets dans le domaine du logiciel.
Ces documents sont éloquents quant au degré de controverse que suscite la question du génie logiciel. Voici une citation d'un participant: "La chose la plus dangereuse dans le domaine du logiciel est l'idée, apparemment presque universelle, que vous allez spécifier ce qu'il y a à réaliser, puis le réaliser. Voilà d'où viennent la plupart de nos ennuis. On appelle réussis les projets qui sont conformes à leurs spécifications. Mais ces spécifications s'appuient sur l'ignorance dans laquelle étaient les concepteurs avant de démarrer le boulot!"
Les titres de la conférence de 1968 reflètent un certain degré d'incertitude: "Réflexions sur le séquencement de l'écriture d'un logiciel", "Vers une méthodologie de la conception", "Quelques réflexions sur la production de systèmes de grande taille". Certes la plupart des participants utilisent l'expression "Génie Logiciel" comme si elle allait de soi, et des lacunes sont déjà apparentes (on parle notamment assez peu du facteur humain), mais on peut deviner une véritable controverse sur les grandes lignes de ce qui préoccupera cette discipline.
En 1969 les titres des articles proposés ont gagné en assurance. "Critères pour un langage de description de systèmes", "La conception de systèmes très fiables en exploitation continue", etc. Mais c'est surtout en lisant entre les lignes qu'on décèle un changement, et notamment en lisant "The Writing of the NATO reports" de Brian Randell, une sorte de "making of" datant de 1996. Une drôle d'ambiance règne apparemment à la conférence de 1969, mais on ne peut que la deviner dans la description à demi-mot qu'en fait Randell:
Contrairement à la première conférence, ou il était tout à fait clair que le terme de Génie Logiciel reflétait l'expression d'un besoin plutôt qu'une réalité, à Rome on avait déjà tendance à en parler comme si le sujet existait déjà. Et, pendant la conférence, l'intention cachée des organisateurs se précisa, à savoir: persuader l'OTAN de financer la mise en place d'un Institut International du Génie Logiciel. Cependant les choses ne se passèrent pas comme ils l'avaient prévu. Les sessions qui étaient censées fournir les preuves d'un large et ferme soutien à cette initiative furent en fait dominées par le plus grand scepticisme, au point qu'un des participants, Tom Simpson de chez IBM, écrivit une superbe et courte satire intitulée "Masterpiece Engineering" (Ingénierie du Chef-d'Oeuvre).Un article qui parlait, par exemple, de mesurer la productivité des peintres en nombre de coups de pinceau par journée. Et Randell d'ajouter que les organisateurs réussirent à le "persuader" d'omettre cet article satirique de Tom Simpson des actes officiels!
L'acte de naissance définitif du Génie Logiciel ayant ainsi été associé à un acte de censure, Randell ajoute qu'il s'interdit pendant la décennie qui suivit d'utiliser le terme, le jugeant injustifié. Il n'acceptera de revenir sur cette décision que pour une conférence marquant en 1979 le dixième anniversaire de Rome, où il profita de l'occasion pour adresser à Barry Boehm, alors la "nouvelle star" de la discipline, une série de piques, que Boehm "ignora soigneusement, je suis navré de le rapporter, à moins qu'il n'ait pas été en mesure de les reconnaitre comme telles".
Interventions programmées
Le périmètre d'intervention de l'Institut Agile couvre le territoire français.
C'est un choix délibéré: d'une part, il ne me semblait pas raisonnable d'annoncer des ambitions internationales, alors que pour l'instant l'Institut se compose d'une seule personne à temps plein. Par contre, il est désormais important de reconnaitre que la communauté Agile n'est plus un phénomène parisien; c'est à travers le pays qu'on s'y intéresse. (Au passage, il convient d'apprécier l'influence qu'a eu Agile Tour dans cette ouverture au-delà de la capitale.) L'Institut a donc des partenaires à Paris, mais aussi à Bordeaux, Marseille, Grenoble.
Jusqu'à présent, mes activités m'amenaient à voyager assez souvent à l'étranger, surtout pour des conférences; et beaucoup en France, le plus souvent pour rencontrer des clients. J'ai fait le choix de me consacrer à plein temps aux activités de l'Institut. Les conférences ainsi que ma participation à l'Alliance Agile font toujours partie de ces activités, au sens où l'Institut doit être un bon observateur de la communauté Agile.
Et, bien qu'ayant choisi de ne plus intervenir auprès d'aucun client, j'entends bien continuer à aller à la rencontre des projets Agiles partout en France. Habitué des conférences et séminaires, je suis aussi ravi de parler à des groupes d'utilisateurs ou associations. Ou même de discuter simplement en tête à tête autour d'un café avec un autre passionné.
Si vous souhaitez me rencontrer, soit à l'occasion d'un déplacement déjà programmé, soit à votre invitation, n'hésitez pas à me contacter. Je souhaite garder un calendrier de voyages relativement léger, et privilégier les déplacements que je pourrai faire dans la journée, mais tout peut s'envisager.
Je serai donc:
C'est un choix délibéré: d'une part, il ne me semblait pas raisonnable d'annoncer des ambitions internationales, alors que pour l'instant l'Institut se compose d'une seule personne à temps plein. Par contre, il est désormais important de reconnaitre que la communauté Agile n'est plus un phénomène parisien; c'est à travers le pays qu'on s'y intéresse. (Au passage, il convient d'apprécier l'influence qu'a eu Agile Tour dans cette ouverture au-delà de la capitale.) L'Institut a donc des partenaires à Paris, mais aussi à Bordeaux, Marseille, Grenoble.
Jusqu'à présent, mes activités m'amenaient à voyager assez souvent à l'étranger, surtout pour des conférences; et beaucoup en France, le plus souvent pour rencontrer des clients. J'ai fait le choix de me consacrer à plein temps aux activités de l'Institut. Les conférences ainsi que ma participation à l'Alliance Agile font toujours partie de ces activités, au sens où l'Institut doit être un bon observateur de la communauté Agile.
Et, bien qu'ayant choisi de ne plus intervenir auprès d'aucun client, j'entends bien continuer à aller à la rencontre des projets Agiles partout en France. Habitué des conférences et séminaires, je suis aussi ravi de parler à des groupes d'utilisateurs ou associations. Ou même de discuter simplement en tête à tête autour d'un café avec un autre passionné.
Si vous souhaitez me rencontrer, soit à l'occasion d'un déplacement déjà programmé, soit à votre invitation, n'hésitez pas à me contacter. Je souhaite garder un calendrier de voyages relativement léger, et privilégier les déplacements que je pourrai faire dans la journée, mais tout peut s'envisager.
Je serai donc:
- le 1er octobre à Londres pour le workshop sur les tests de recette AA-FTT
- les 6, 13 et 20 octobre à Douai, où je dispense une formation créée par mes collègues Christophe Thibaut et Bernard Notarianni pour l'école des Mines
- le 8 octobre à Nancy, pour commencer à évoquer les dix ans du Manifeste Agile
- le 17 novembre à Reykjavik en Islande, pour parler de pratiques de conception
- le 25 novembre... à Paris ;) où j'interviendrai lors du MDDay pour donner mon avis sur la modélisation
Agile 2010, compte-rendu partial
J'ai participé à la conférence Agile2010 mi-août et comme chaque année ce fut une semaine bien chargée.
Résurgence d'XP ou clivage?
L'un des faits marquants est l'initiative prise par certains de nos amis, associés notamment au mouvement "software craftsmanship", de redonner un coup de projecteur sur le volet technique des pratiques agiles. Cory Foy et Cory Haines ont ainsi annoncé, puis confirmé lors d'un événement "Code Retreat", en marge d'Agile2010, la tenue l'an prochain d'une conférence "XP Universe 2011".
L'annonce inquiète certains, qui y voient le signe d'une fragmentation de la communauté. Pour d'autres c'est une bonne nouvelle, car le contenu d'Agile2010 est très largement occupé par des sujets autres que le code: management, coaching, UX, DevOps, etc...
Pour d'autres encore c'est l'occasion de méditer sur le sens profond de cette conférence et de la marque Agile: j'ai ainsi entendu "Agile est le nom que l'on donne au courant qui s'intéresse à l'ensemble de la chaîne de valeur, et qui regroupe plusieurs disciplines qui s'intéressent chacune à un bout de la chaîne". Ca vous donne une idée des états d'âme du leadership de la communauté...
DevOps, un nouveau "courant" à surveiller
Le mot "nouveau" est tout relatif, cela fait au moins deux ans que des collègues comme Patrick Debois militent pour intégrer sous la bannière Agile des modes de collaboration plus efficaces entre développeurs et exploitants (Ops comme Opérations, d'où DevOps).
Cette année cependant ce groupe a fait parler de lui d'une part en apportant plusieurs sessions, d'autre part en mettant en scène un clone du personnage Borat ("de glorieuse nation Kazakhstan!") qui a sévi sur Twitter pendant toute la conférence. Blague à part, c'est une idée qui fait son chemin.
Lean Startup ou "Feedback Driven Development"
L'une des présentations les plus enrichissantes pour moi concernait les idées pour marier l'approche Lean Startup popularisée par Eric Ries avec les techniques de développement agile. J'ai particulièrement apprécier la présentation concrète - "voici des choses que vous pouvez faire en rentrant au boulot" - combinée avec une bonne maîtrise de la philosophie sous-jacente - "inclure vos clients finaux dans la boucle de développement de la façon la plus resserrée possible".
C'est ce mélange qui fait les meilleures sessions de nos conférences, je voudrais hélas qu'il soit plus systématique à Agile 2010 qui prend peut-être une teinte un peu spéculative, portée sur l'abstraction et l'auto-congratulation.
La certification toujours (hélas) d'actualité
J'ai eu une longue conversation avec Alistair Cockburn, une des stars de la communauté, j'avais été très déçu par son annonce pendant l'été d'un nouveau programme de certification appelé ICAgile.
Déçu parce qu'à mon sens la communauté n'a plus confiance dans les programmes de certification depuis les déboires qu'a connu la Scrum Alliance, et qu'il n'est plus temps de continuer à chercher à "refaire la même chose mais correctement". Il faut remettre les choses à plat et proposer au marché de plus en plus acheteur de compétences agiles une façon plus claire, plus crédible, d'identifier ces compétences. Le schéma de certification proposé par ICAgile me semble trop proche de ceux que nous avons déjà connus, trop flou sur les questions de gouvernance et d'éthique, trop vulnérable aux conflits d'intérêts.
Cela dit le travail d'Alistair rejoint celui de l'Institut sur au moins un point, la nécessité de formaliser un peu la cartographie de ces compétences. Au-delà, et malgré une évidente bonne volonté de sa part, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde.
Recherche: un fossé à combler
Une table ronde sur la recherche en matière de pratiques agiles m'a permis de faire le point avec des chercheurs et des praticiens. Participaient notamment Scott Ambler et Frank Maurer, avec deux points de vue très différents. Scott met l'accent sur le peu de données empiriques, Frank se montre pessimiste sur l'intérêt que portent les chercheurs en général aux pratiques agiles comme sujet de recherche.
Au cours de la semaine j'ai discuté avec plusieurs personnes à ce sujet et il m'est finalement venu une formule pour résumer l'ambition de l'Institut en ce qui concerne la recherche et l'enseignement: "le Génie Logiciel existe depuis 40 ans, et presque toutes les universités ont un département GL, alors que cette discipline semble n'avoir résolu aucune des difficultés qu'elle a été créée pour résoudre; l'objectif de l'Institut c'est créer des départements Agilité dans les universités, pour faire avancer l'état de l'art..."
Les prix Pask
Cette année les lauréats du prix Gordon Pask sont... des lauréates, ça nous change un peu. Le prix décerné annuellement depuis 2006 est destiné à mettre en avant deux personnes dont le comité estime que la communauté devrait les écouter, même si ce qu'elles ont à dire est un peu bizarre. Il a été attribué à Liz Keogh, infatigable pédagogue du BDD (Behaviour-Driven Development), ainsi qu'à Elizabeth Hendrickson, initiatrice d'un travail de réflexion et de synthèse sur les tests automatisés au delà du clivage test unitaire - test de recette. Le test à l'honneur, donc, et la technique, mais aussi la gent féminine.
Reprendre contact...
Comme tous les ans la conférence a été l'occasion de retrouver pas mal de collègues et amis, et de leur (re)parler du projet de l'Institut. Les retours sont unanimement positifs.
Résurgence d'XP ou clivage?
L'un des faits marquants est l'initiative prise par certains de nos amis, associés notamment au mouvement "software craftsmanship", de redonner un coup de projecteur sur le volet technique des pratiques agiles. Cory Foy et Cory Haines ont ainsi annoncé, puis confirmé lors d'un événement "Code Retreat", en marge d'Agile2010, la tenue l'an prochain d'une conférence "XP Universe 2011".
L'annonce inquiète certains, qui y voient le signe d'une fragmentation de la communauté. Pour d'autres c'est une bonne nouvelle, car le contenu d'Agile2010 est très largement occupé par des sujets autres que le code: management, coaching, UX, DevOps, etc...
Pour d'autres encore c'est l'occasion de méditer sur le sens profond de cette conférence et de la marque Agile: j'ai ainsi entendu "Agile est le nom que l'on donne au courant qui s'intéresse à l'ensemble de la chaîne de valeur, et qui regroupe plusieurs disciplines qui s'intéressent chacune à un bout de la chaîne". Ca vous donne une idée des états d'âme du leadership de la communauté...
DevOps, un nouveau "courant" à surveiller
Le mot "nouveau" est tout relatif, cela fait au moins deux ans que des collègues comme Patrick Debois militent pour intégrer sous la bannière Agile des modes de collaboration plus efficaces entre développeurs et exploitants (Ops comme Opérations, d'où DevOps).
Cette année cependant ce groupe a fait parler de lui d'une part en apportant plusieurs sessions, d'autre part en mettant en scène un clone du personnage Borat ("de glorieuse nation Kazakhstan!") qui a sévi sur Twitter pendant toute la conférence. Blague à part, c'est une idée qui fait son chemin.
Lean Startup ou "Feedback Driven Development"
L'une des présentations les plus enrichissantes pour moi concernait les idées pour marier l'approche Lean Startup popularisée par Eric Ries avec les techniques de développement agile. J'ai particulièrement apprécier la présentation concrète - "voici des choses que vous pouvez faire en rentrant au boulot" - combinée avec une bonne maîtrise de la philosophie sous-jacente - "inclure vos clients finaux dans la boucle de développement de la façon la plus resserrée possible".
C'est ce mélange qui fait les meilleures sessions de nos conférences, je voudrais hélas qu'il soit plus systématique à Agile 2010 qui prend peut-être une teinte un peu spéculative, portée sur l'abstraction et l'auto-congratulation.
La certification toujours (hélas) d'actualité
J'ai eu une longue conversation avec Alistair Cockburn, une des stars de la communauté, j'avais été très déçu par son annonce pendant l'été d'un nouveau programme de certification appelé ICAgile.
Déçu parce qu'à mon sens la communauté n'a plus confiance dans les programmes de certification depuis les déboires qu'a connu la Scrum Alliance, et qu'il n'est plus temps de continuer à chercher à "refaire la même chose mais correctement". Il faut remettre les choses à plat et proposer au marché de plus en plus acheteur de compétences agiles une façon plus claire, plus crédible, d'identifier ces compétences. Le schéma de certification proposé par ICAgile me semble trop proche de ceux que nous avons déjà connus, trop flou sur les questions de gouvernance et d'éthique, trop vulnérable aux conflits d'intérêts.
Cela dit le travail d'Alistair rejoint celui de l'Institut sur au moins un point, la nécessité de formaliser un peu la cartographie de ces compétences. Au-delà, et malgré une évidente bonne volonté de sa part, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde.
Recherche: un fossé à combler
Une table ronde sur la recherche en matière de pratiques agiles m'a permis de faire le point avec des chercheurs et des praticiens. Participaient notamment Scott Ambler et Frank Maurer, avec deux points de vue très différents. Scott met l'accent sur le peu de données empiriques, Frank se montre pessimiste sur l'intérêt que portent les chercheurs en général aux pratiques agiles comme sujet de recherche.
Au cours de la semaine j'ai discuté avec plusieurs personnes à ce sujet et il m'est finalement venu une formule pour résumer l'ambition de l'Institut en ce qui concerne la recherche et l'enseignement: "le Génie Logiciel existe depuis 40 ans, et presque toutes les universités ont un département GL, alors que cette discipline semble n'avoir résolu aucune des difficultés qu'elle a été créée pour résoudre; l'objectif de l'Institut c'est créer des départements Agilité dans les universités, pour faire avancer l'état de l'art..."
Les prix Pask
Cette année les lauréats du prix Gordon Pask sont... des lauréates, ça nous change un peu. Le prix décerné annuellement depuis 2006 est destiné à mettre en avant deux personnes dont le comité estime que la communauté devrait les écouter, même si ce qu'elles ont à dire est un peu bizarre. Il a été attribué à Liz Keogh, infatigable pédagogue du BDD (Behaviour-Driven Development), ainsi qu'à Elizabeth Hendrickson, initiatrice d'un travail de réflexion et de synthèse sur les tests automatisés au delà du clivage test unitaire - test de recette. Le test à l'honneur, donc, et la technique, mais aussi la gent féminine.
Reprendre contact...
Comme tous les ans la conférence a été l'occasion de retrouver pas mal de collègues et amis, et de leur (re)parler du projet de l'Institut. Les retours sont unanimement positifs.
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